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Et si nous réinventions notre accessibilité?

Vers une accessibilité choisie

Dès les années 1970, l’organisation des Nations unies a pris des positions, publié des textes, des règles internationales et des déclarations de droits en faveur des personnes handicapées, cependant sans y attacher de caractère contraignant, donc sans vraiment de résultats.

Effectivement en 2000, indigné, le rapporteur spécial de la Commission du développement social des Nations unies chargé de la question de l’invalidité, lançait cet appel « L’invalidité relève des droits de l’homme. »

C’est précisément sur la base du constat que les personnes handicapées sont très souvent privées de leurs droits qu’en décembre 2001, les Nations unies entament le processus d’élaboration d’une convention qui naîtra en 2006.

Six ans plus tard, le 13 décembre 2006, la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées était adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies.

Le handicap n’est plus vu de la même manière.

Cette Convention marque un tournant dans l’approche du handicap. Le handicap n’est plus vu comme une défiance qui empêche l’individu d’interagir avec la société, mais comme une difficulté dans l’interaction avec l’environnement sociétal. N’hésitez surtout pas à la consulter pour voir ce qu’il reste à construire : https://www.un.org/disabilities/documents/convention/convoptprot-f.pdf

Plus de dix ans plus tard, nous devons dresser le triste constat que cette Convention est encore largement méconnue en France, tant par les gouvernements politiques que par les personnes handicapées elles-mêmes et toutes celles et ceux qui les accompagnent, et que trop souvent encore l’inclusion n’est vue que sous l’angle des coûts comme une charge pour la société.

La Convention internationale, dans la hiérarchie des normes, prévaut sur les lois nationales, elle est d’application directe dans ses dispositions précises. Il est urgent de lui donner plein effet afin que les personnes handicapées puissent jouir des mêmes droits que les autres dans une République où liberté-égalité-fraternité sonne parfois faux pour certains d’entre nous.

Il est urgent de réaffirmer haut et fort, que l’inclusion, fondée sur le respect et la promotion des droits de l’homme pour tous les membres de la société, doit être appréhendée comme un investissement durable, source d’humanité mais aussi de richesses pour la société toute entière.

C’est l’inclusion qui change tout ou presque.

Cette inclusion nous concerne tous, car si aujourd’hui vous êtes valide, demain vous pourriez devenir handicapé.
J’ai envie de croire que notre société soit vraiment riche de sa diversité, tolérante, que ce soit une société où l’intégration, l’inclusion et l’humanité soit pour chacun d’entre nous.

Tout le monde ne joue pas son rôle dans la société d’aujourd’hui. Faut-il accepter qu’après une reconversion professionnelle de plus de dix ans que je doive refuser du travail uniquement parce-que celui-ci est trop loin de mon domicile et que mes jambes ne peuvent assurer qu’un périmètre de marche restreint, que je ne pas m’y rendre par les transports en communs surchargés que tous vous connaissaient et subissaient. Ni l’état, ni les sociétés d’intérim qui proposent certes du travail, mais précaire n’assume pas leur responsabilité.

Recevoir des avantages et compensations OUI à condition de respecter les dues conformités: envoi du contrat de travail en temps et en heure avant la prise de poste, proposition d’une alternative aux transports en commun dans le cadre de l’adaptation du poste de travail.

On marche sur la tête oui c’est vrai. Cette histoire est bien réelle j’ai dû refuser plusieurs emplois, parce-que ces entreprises ne jouent pas leur rôle pour adapter le poste de travail. Pour les personnes handicapées le transport domicile-travail -domicile fait partie de « l’adaptation du poste de travail » dont normalement les entreprises qui embauchent des personnes reconnues handicapées doivent « se plier. » Mais combien le font ?

Si la loi du 11 février 2005 a apporté avec l’aide des associations des avancées certaines sur les questions de compensation, d’autonomie, d’accessibilité ainsi que de l’égalité des droits et des chances, elle n’a pas abordé l’approche fondée sur les droits de l’homme comme le fera la Convention Internationale de l’ONU 1 an plus tard. La loi du 11 février 2005 n’affirme pas aussi clairement des principes et des droits dans le domaine de la participation, de la non-discrimination ou de l’accessibilité tels que ceux consacrés par la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées.

Du retard, du retard, et du retard.

Pour ne prendre qu’un exemple elle s’était donné ou avait donné un délai de 10 ans pour l’accès au transport collectif accessible à tous. Non seulement cette date est dépassée mais dans le métro parisien combien de lignes de métro sont accessibles aux handicapés en fauteuils roulants ? Quel retard ! mais soyons optimiste et gardons le sourire : aux vues des travaux dans Paris actuellement, on peut pariez que pour les J.O tout sera prêt ou presque pour les transports, mais ce sont peut-être les mêmes qui en pâtiront.

Bref, aujourd’hui on continue à poursuivre une logique d’intégration tant bien que mal, alors que suivant l’approche de la convention, il faut passer à une logique d’inclusion. L’environnement est cause de handicap lorsqu’il n’est pas adapté aux besoins de tous. Donc aux personnes handicapées, mais aussi aux personnes vieillissantes, accidentées, aux femmes enceintes et/ou avec des poussettes et les jeunes enfants.

L’article 9 de la convention consacre le droit à l’accès pour tous, il démontre une exigence « l’accès à tout pour tous ». Rendre effectif ce droit est une condition préalable pour permettre à toutes les personnes handicapées, quel que soit leur handicap, de « vivre de façon indépendante et de participer pleinement à tous les aspects de la vie. » Les États doivent prendre toutes les mesures efficientes pour assurer à toutes et tous, dont aux personnes handicapées d’être sur un pied d’égalité avec les autres, d’avoir un accès à l’environnement dans toutes ses dimensions : bâtiments, logements, transports, lieux de travail, technologies de l’information, lieux de loisirs et de culture et donc aussi aux lieux de vacances. Une vraie volonté gouvernementale doit être appliquée.

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